Sans Titre.

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Je ne voulais pas consacrer d’article à ce qui c’est passé vendredi 13 novembre à Paris. D’ailleurs, cet article commençait à  base par la phrase  »je ne consacrerai pas d’article à ce qui s’est passé le vendredi 13 novembre à Paris ». Je viens de l’éditer après avoir écrit d’une traite et les larmes aux yeux ce qui suit.

J’habite dans le 11ème arrondissement, à quelques minutes de plusieurs des lieux attaqués. J’écoute du métal et j’aime le groupe qui jouait ce soir là au Bataclan. J’ai passé d’excellents moments dans cette salle et comptait y retourner en avril, j’ai d’ailleurs acheté mes places pour le concert du rappeur Vald vendredi après midi. Je ne pense pas que je serai capable d’y aller. Je suis restée enfermée chez moi jusqu’à samedi soir, recevant des appels inquiets de mes proches qui voulaient s’assurer de ma bien portance. Et samedi, quand je suis sortie, c’était avec la peur au ventre. J’ai traversé les stations de métro République et Gare du Nord vides, happée par un sentiment d’angoisse mélée à la fascination devant ce spectacle post apocalyptique. J’ai beaucoup pleuré. Encore hier en entendant les coups de feu sur une vidéo du concert. J’ai du aller voir plus de 100 concerts dans ma vie, c’est ma manière préférée de sortir et m’amuser. Imaginer pouvoir entendre ce bruit de mort pendant ce moment pourtant si privilégié et coupé du monde m’est totalement insupportable. Pour toutes ces raisons, je me sens concernée. Encore plus que lors de l’attaque de Charlie Hebdo qui s’est produite à 10 minutes de chez moi et m’avait déjà traumatisée. Là, c’est le cran au dessus. Je me sens visée, j’ai l’impression que vendredi, c’est moi, la fille athée qui porte des jupes courtes, se rend à des concerts de métal et habite dans le 11ème arrondissement de Paris qu’on a visée.

Je m’étais promis de ne pas coucher ces sentiments ici. Je trouvais ça déplacé. Pas approprié. Et je le pense peut-être encore. Mais poster un article ordinaire n’a pas été possible pour moi. Ma petite intro d’hommage s’étant transformée en article, puis en dessin.

Toutes mes pensées vont aux victimes, chaque minute depuis vendredi, 21h50, ainsi qu’à leurs proches. Trouvez la force. On va avoir besoin d’être tous ensemble pour avancer. Je vous promets une chose : je n’oublierai pas.

Nelly.

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Pas de commentaire

  1. Je n’imagine même pas la peur que tu dois ressentir … En temps normal j’ai déjà peur d’être agressée quand je sors, alors habiter à côté de ces lieux d’attentats, c’est normal que tu sois effrayée . Courage et si tu veux te changer les idées à Lyon je suis la !

  2. Il compliqué pour tout le monde de faire semblant que tout va bien et pourtant je pense normal que nous blogueuses, et autres, ayons eu envie de coucher nos sentiments à l’écrit… Je l’ai fait aussi et ça m’a fait du bien, je pense qu’à toi aussi… je te souhaite bcp de courage et de force pour affronter de nouveau la vie parisienne. des bisous

  3. Tu es tout à fait en droit de t’exprimer et de dire ce que tu ressens, c’est normal. Vivant juste à coté c’est normal d’être choquée et effrayée par ce qui s’est passé. Le 11ème est aussi mon quartier , ce n’est plus celui ou je vis aujourd’hui car je suis en proche banlieue mais c’est celui ou j’ai grandi et passé 28 ans de ma vie à Paris, c’est celui ou vit mes parents aussi et une partie de ma famille et amis, tout comme toi les évènements de Vendredi m’ont atteint de peur déja que des proches aient pu subir l’atrocité de ces barbares et par ce sentiment de rage de s’attaquer à ce coin de Paris qui est cher à mes yeux. Il est important de pouvoir s’exprimer et sortir ce qui nous touche dans ces circonstances . Pour moi le Bataclan était une scène que j’ai fréquenté tant à la fois pour des concerts que pour des spectacles alors c’était rude, de s’attaquer à notre mode de vie, et le restaurant rue de Charonne, encore plus proche de la ou j’habitais et ou vivent encore mes parents c’était très dur aussi à suivre. Donc on te comprend et on te soutient, Chacun vit à sa manière et réagit de manière différente face au stress, moi pour ma part, même si la crainte est présente depuis les attentats de 1995 sur Paris, elle a pris une ampleur énorme cette année, mais il est hors de question pour moi que ces abrutis gagnent en nous faisant changer notre mode de vie, de rire de nous amuser et de profiter de la vie… ce sera avec un oeil et une attitude plus prudente certes mais je ne changerais pas pour eux, je ne leur ferais pas ce plaisir. Comme beaucoup j’ai juste mal au coeur de penser à toutes ces vies gachées par un acte ignoble que je ne cautionne pas en tant que croyant mais surtout en tant qu’être humain ,je pense fort à eux et à leur proches car c’est un moment dur à vivre. Mais courage et continues de vivre car les laisser nous changer ne ferait que leur donner une victoire de plus qu’ils ne méritent pas de remporter.

  4. Pour que toutes les lumières de salles de concerts de France ne s’éteignent plus jamais comme elles l’ont fait vendredi au Bataclan, nous continuerons à danser devant les scènes en pensant à eux…
    J’écoute aussi du metal, de la musique en général et je me sens touchée au plus profond de moi et j’ai mal ! Mais je ne me laisserais pas abattre, dès vendredi je serais devant une nouvelle scène en pensant à tous mes camarades décédés au nom de rien, je boirai une bière en pensant à eux, je lèverais mon index et mon auriculaire en leur direction.
    Que la fête continue putain !!! ♥

  5. Tu as tout à fait raison, je t’envoie pleins d’amour et de câlins, mon frère est policier en Seine st Denis, et c’est vrai que c’est tous les jours de la peur, mais il ne faut pas, tout ce que nous devons ressentir par dessus de la tristesse, c’est de la colère pour ne plus se laissé faire !

    1. Fou, j’ai des frissons. Très bel article, courage à toi, c’est difficile pour tout le monde mais encore plus quand on est sur place je pense. Des bisous, de l’amour, du soleil et de la joie!

  6. Tu as le droit d’exprimer ton ressenti, tu as le droit d’avoir peur, de pleurer, de ressentir toutes émotions humaines et avoir le besoin de la partager. Tout comme on a le droit, des fois, de ne rien ressentir. Le bataclan est une salle qui m’est chère, elle est belle, je l’aime, et j’ai beaucoup de mal avec l’idée qu’on l’ai bafouée ainsi. Vive le bataclan, vive le métal.

  7. Je ne sais pas quoi dire qui pourrait te réconforter car dans cette situation il n’y a rien qui pourrait changer ce sentiment. Quand mon copain était sur Paris il aimait aller au bataclan. Ça nous a glacé le sang et choqué pour le reste de la journée.
    Ne te sens pas viser. Ils méprisent une idée, un mode de vie et c’est très difficile à démonter. Ne change pas ce que tu es, surtout pas pour eux.
    Je t’envoie plein de chaleur ! Courage ma belle <3

Alors, vous en pensez quoi ?